« extraits de l’ouvrage »… Vous m’avez dit rejoindre avec tous vos camarades l’école primaire de la ville, transformée pour la circonstance en camp de concentration et où les cinq salles de classe se tansforment en dortoirs.
Comment se déroule votre arrivée ?
Nous nous mettons d’abord en rang, puis nous recevons chacun un nouveau numéro. Je deviens ainsi le matricule 22 100 …
… A quel groupe de travail êtes-vous affecté ?
Comme André Tesson et Henri Lambert se retrouvent dans un kommando de nuit, je fais de même pour les suivre. Nous travaillons donc de nuit pendant 12 heures et nous relayons le groupe de jour qui travaille aussi 12 heures. Ainsi pour les Allemands, l’ensemble des déportés travaille 24 heures sur 24 …
… En quoi consiste votre travail ?
Mon groupe s’occupe des gros travaux d’aménagement pour agrandir l’usine : nous faisons du terrassement, du bétonnage et déplaçons des wagonnets. Le travail est souvent pénible. Une nuit, bien fatigué, mon wagonnet plein, je m’appuie dessus et je m’endors. Je me réveille bien vite sous les coups du kapo …
… Comment se passent 24 heures à Neckarelz ?
Le soir, avant chaque départ au travail, il y a l’appel, puis 4 déportés (Tesson, Martz, Mamon et Martin) s’emparent d’une grande caisse qu’ils portent sur leurs épaules, où se trouve le « casse croûte de minuit », c’est-à-dire pour chacun un morceau de pain et un bout de saucisson. Sur le chemin qui mène à la mine, nous marchons au pas cadencé jusqu’à la sortie du village …
… Les conditions de travail sont-elles bonnes ?
Pas vraiment, dans une mine l’air est humide. Je me souviens que pour l’assécher, les Allemands installent deux grosses locomotives sur le terre plein pour envoyer de l’air chaud à l’intérieur de la mine, ce qui a pour effet le ruissellement de l’eau. Pour recueillir ces eaux de ruissellement, il y a un énorme puisard qu’il faut de temps en temps nettoyer, car l’eau entraîne des graviers …
… Pour avoir déjà écouté votre témoignage, il me semble que vous avez autre chose à ajouter suite à cette opération :
Eh bien oui, le lendemain de cette opération, le docteur Bent me demande de l’aider à mettre le cadavre d’un Letton dans une caisse …